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 Pour une Allocation Universelle

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Olivier

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MessageSujet: Pour une Allocation Universelle   Jeu 24 Nov - 14:48



QU'EST-CE QUE C'EST ?

Une idée pour un monde plus juste: un revenu pour tous, en nature ou en espèces, inaliénable, susceptible de couvrir les besoins fondamentaux de chaque individu pris isolément, sans contrepartie, et donc indépendant du travail effectué.

Une idée déjà appliquée en Alaska...

QUELLE DIFFERENCE AVEC UN SALAIRE ?

J'insiste: ce n'est pas un salaire!

N'étant conditionné à aucun travail, ce revenu ne peut à proprement
parler pas être appelé "salaire". En effet, si le mot "salaire" ne renvoie
étymologiquement qu'au sel qu'il permettait de mettre dans la soupe
(nous dirions aujourd"hui plus volontiers "mettre du beurre dans les
épinards"), il a pris depuis le début de l'"ère" industrielle le sens précis
de revenu lié au travail. Il s'oppose en cela à la rente, au profit, ou
au revenu issu des charges dans l'Ancien Régime.


OBJECTION 1: FINANCEMENT:

"Certes, une telle allocation est possible, puisqu'appliquée en Alaska. Mais tous les pays n'ont pas, comme l'Alaska, de pétrole à vendre pour la financer. De plus, si son financement suppose un impôt progressif fort sur les revenus, comment éviter la fuite des capitaux qu'on peut prévoir en conséquence, et de dresser ceux qui travaillent contre ceux qui ne travaillent pas ?"


réponse:

En préparant l'A.U., non au niveau seulement national, mais européen ou mondial, par une harmonisation fiscale.Cela suppose déjà une lutte drastique contre les paradis fiscaux. Ou d'autres impôts, en attendant: taxe sur les mouvements financiers ou informatiques. Taxer à 100% les héritages serait aussi une idée, même s'il s'agit là d'un tabou. car, en effet, qu'est-ce qui le justifierait encore, si nous percevions tous un revenu nous permettant de vivre? Qu'est-ce qui l'a d'ailleurs jamais légitimée, cette forme si injuste de répartition des richesses ?

On pourrait commencer par faire la chasse aux niches fiscales qui font les délices des propriétaires. Je pense essentiellement aux revenus du patrimoine immobilier. L'investissement "dans la pierre" - comme ils disent - à fin de plus-value est dopé de n'être pas taxé. La spéculation immobilière s'en trouve ultra-favorisée, et les prix d'achat comme les loyers s'en trouvent augmentés; ce qui -soit dit en passant - n'est pas pour rien dans les problèmes de mal-logement actuels. On pourrait en attendre un concours appréciable au financement de l'A.U.

On pourrait aussi hausser sensiblement la TVA sur les biens de luxe. ces derniers présentent, en effet, l'avantage de ce paradoxe: comme biens de prestige, ils sont d'autant plus demandés qu'ils sont plus chers! Paradoxal effet dit "Veblen": plus le prix en épate le voisin, permet de s'en distinguer, plus il est susceptible de séduire! Il faut rendre socialiste l'ostentation.

Allons plus loin: on pourrait élargir le champ des biens dits "de luxe". Si la Rolls Royce est comptée comme telle, pourquoi ne pas le faire pour les 4 X 4 qui roulent en ville, pour les télés à écran géant plat home cinema, et pour les logements qui excèdent un certain seuil de surface par personne ? Beaucoup de marchandises n'ont pour utilité première que la reconnaissance sociale qu'elles apportent - surtaxons-les!

Autre idée: la taxe sur les mouvements financiers. rendons les banques socialistes! et la bourse de Paris: socialiste aussi! A elle seule, une telle contribution - même minime si on la rapporte au total des flux - permettrait sans doute le financement de l'A.U. Elle présenterait en outre l'avantage d'être la formule fiscale la plus juste possible après l'impôt progressif sur le revenu et la taxation à 100% des héritages. Car il est évident que moins on a d'argent, moins on le déplace de fois; et que lorsque l'on brasse des millions, il faut toujours les déplacer pour les replacer dans l'investissement le plus opportun du jour.

C'est là tout le labeur qui accapare l'oisiveté du riche, et par lequel il justifie souvent - oiseusement - sa fortune : c'est tout un travail d'être propriétaire ! C'est ce qui requiert cette haute qualité morale que Nadine De Rotschild appelait jadis, dans un monument de la littérature bourgeoise dont c'est le titre: Le Courage d'être riche.

Voir aussi:


Définition et liens:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Allocation_universelle


Groupe de réflexion universitaire (Basic Income European Network) :

http://www.etes.ucl.ac.be/BIEN/Index.html


Syndicat étudiant de Genève réfléchissant à la question:

http://www.asso-etud.unige.ch//cuae/REGARD%20CRITIQUE/rcmai04.pdf[/b]



BIBLIOGRAPHIE

Ferry J.-M., L'Allocation universelle, Paris, Cerf, col. "Humanités", 1995

Vanderborght Y. et Van Parijs P., L'Allocation universelle, Paris, La découverte, col. "Repères", 2005


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Karmai

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MessageSujet: Re: Pour une Allocation Universelle   Ven 25 Nov - 10:33

J'aurais quelques remarques toutes bêtes à cette idée généreuse.

Tout d'abord, je me demandais si l'allocation universelle se substituait aux salaires classiques. Si non, cela veut dire que les gens pourront alors gagner un salaire plus l'allocation universelle?

Dans le cas ou cette allocation universelle existe, n'y a-t-il pas un risque qu'une grande part des gens se désintéresse des jobs productifs. Je pense en effet à tous ces métiers pénibles qui sont pour autant completement nécessaire : ouvrier dans le batiment, travail à la chaine, philosophe, manutentionnaire chez entremont... Dans ce cas, n'est-ce pas un risque de voir les financements de cette allocation remis en cause par baisse de la production de richesse?
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Olivier

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MessageSujet: Re: Pour une Allocation Universelle   Ven 25 Nov - 12:02

L'ALLOCATION UNIVERSELLE EST-ELLE CUMULABLE AVEC UN SALAIRE ?

Bien entendu. Il ne s'agit pas, pour elle, de se substituer au salariat. Il s'agit de verser un revenu à tous, quelque soit leur sexe, leur origine, (idéalement, leur nationalité), travailleurs ou non travailleurs, riches ou pauvres, en tant qu'ils ont droit de vivre EN LEUR SIMPLE QUALITE D'ETRES HUMAINS.

En tant qu'être humains + travailleurs, les salariés percevraient donc légitimement l'allocation universelle + un salaire.

Il ne s'agit donc pas, je le répète d'organiser une autre répartition des revenus par une impossible planification totale de l'économie, même si l'on peut être sûrs que s'ensuivrait nécessairement de son instauration une transformation radicale du rapport salarié/employeur, dans le sens d'une plus grande autonomie du salarié.

C'est l'un des motifs les plus raisonnables et puissants qui me poussent à la défendre: REDUIRE AU MAXIMUM LE RAPPORT DE SUBORDINATION AU TRAVAIL.

Cela implique que le rapport de force entre employeur et employés s'en trouverait changé de fond en comble: les employés auraient un moyen de pression supplémentaire (et lequel !) pour améliorer leurs conditions de travail, leurs salaires, etc.
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Olivier

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MessageSujet: Re: Pour une Allocation Universelle   Ven 25 Nov - 13:39

N'Y A-T-IL PAS UN RISQUE DE VOIR LE FINANCEMENT DE CETTE ALLOCATION REMIS EN CAUSE PAR UNE BAISSE DE LA PRODUCTION DE RICHESSES, LES GENS REFUSANT LES METIERS PENIBLES, MAIS NEANMOINS NECESSAIRES ?

Je ne pense pas. En effet:

1) la production de richesse n'est pas strictement coorélée (tant s'en faut) à la quantité de travail effectué. Donc, que moins de travail soit effectué ne devrait pas affecter la production de richesse en proportion.

2) Mais si ces travaux sont réellement nécessaires, il se trouvera des employeurs pour les rendre "attractifs": cela implique de meilleures conditions de travail, et de meilleures rémunérations. C'est ce qui s'est passé en France pour les éboueurs, entre 1980 et 2000.

3) L'allocation universelle ne transformerait pas chaque personne en bourgeois oisif. Puisqu'elle s'en tiendrait au strict nécessaire, la plupart des gens voudraient naturellement avoir un peu plus que cela, c'est-à-dire travailler, sans y être contraint.

4) La production ne chuterait pas pour cause de fermeture des entreprises, qui ne pourraient plus payer des salaires devenus trop chers. Au contraire, puisque même les employeurs toucheraient l'allocation universelle, il auraient pour eux cette garantie financière inaliénable, qui abolit tout risque pour leur vie dans l'investissement.
(Dès lors, j'ajoute que le prétexte souvent fallacieux, invoqué pour justifier le revenu du capital, tomberait aussi. En conséquence : pourquoi ne rogneraient-ils pas sur leurs profits, pour payer lesdits salaires plus élevés, et investir dans de meilleures conditions de travail ? En tous cas, cela leur deviendrait difficile à justifier de façon crédible.)

De plus, s'il y a moins de risque à investir, les petits propriétaires s'y mettraient bien plus volontiers, ce qui créerait sans doute de l'emploi, et des richesses. Dans quelle mesure ? Je n'en sais rien exactement: à tout le moins commenceraient-ils par acheter leur outil de travail. Et au fond, c'est cette perspective d'autonomie qui importe.

En conclusion: pas de crise à prévoir, seulement une répartition plus juste des richesses. Et, si d'aventure la production baissait (d'une baisse modérée, pas cataclysmique!), il n'est pas impossible de défendre l'idée selon laquelle une décroissance modérée serait la bienvenue, pour des motifs écologiques, par exemple.

J'ai été très rapide, voulant être synthétique et clair: si néanmoins, pour n'importe laquelle des choses que j'ai dite, on veut des précisions, ou un exemple éclairant, je les donnerai bien volontiers.

C'est le seul souci de ne pas rendre ce message trop long qui me les a fait supprimer.
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hadrien



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MessageSujet: Re: Pour une Allocation Universelle   Mar 13 Déc - 15:13

ah ! douce allocation universelle, je songe, je songe, et je m'ennivre des espoirs que tu fonde ... j'aspire de tout coeur à croire en toi, j'écoute ton chant mélodieux, si semblable à celui des sirênes ... et pourtant et pourtant, je reste ... lucide.

Que dire, c'est un beau projet, ca fait envie et puis ... c'est pas une utopie par ce que justement, ca existe déjà ! et tenons-nous bien, ca existe aux Etats-Unis, dans l'Etat d'Alska, alors c'est dire si c'est du sérieux !

Finalement, il suffirait de presque rien ... mais il y a un presque, identique à cette petite astérisque qui désacralisent tous les contrats qui semblent providentiels, et qui fait que finalement ... on achète pas ... Ce presque, ça n'est pas rien ...

Donc, nous disons donc que finalement, le problème, c'est de lever des fonds suffisant de manière à la verser à tout le monde cette opium universel. Pour cela, on se propose une chose, le plus beau des vieux pots à confiture, pour la plus novatrice des idées, l'Impôt ! Evidemment, on a dépensé tellement d'imagination déjà pour avoir une idée neuve, qu'on en a plus pour imaginer comment la mettre en oeuvre.

Blague à part, si l'on admet le bien fondé d'une allocation universelle et que l'on veut réfléchir à ses modalités d'application concrêtes, on est face à un certain nombre de questions dotn les réfléxions ne traitent pas. A charge des promoteurs de l'Allocation Universelle d'y répondre de manière satisfaisante, ce que pour ma part, je souhaite vivement.

Ainsi, histoire d'être bien réaliste, on va dire qu'il faudra commencer par une harmonisation fiscale au niveau européen (minimum,) et au mieux, au niveau mondial. Chose, on ne peut plus logique, et irréaliste.
En effet, un bref regard sur l'actualité européenne laisse clairement voir que c'est pas demain la veille qu'on aura ne serait-ce qu'un début de politique fiscale, tant la question divise les pays, et, que certains trouvent que l'Europe, c'est déjà bien assez comme ça (l'angleterre en tête).
De plus, avec la mise en bière du traité constitutionnel, les éventuels leviers institutionnels qui auraient pu permettre à ces questions d'avancer ont été étouffés dans l'oeuf.

Mais qu'à cela ne tienne, et imaginons que ce soit possible !
Comment fixerait t-on le montant de cet allocation universelle ?
Ben voyons, il serait équivalent au prix des biens de consommations nécéssaire à la survie alimentaire et au logement (pour ce qui est de l'électricité, je sais pas trop idem pour l'eau).
Mais nous savons tous que les prix de ces biens de consommation diffèrent d'un pays à l'autre, d'une région à l'autre, d'une ville à l'autre ... dès lors, faudra t-il empécher ces gens de circuler des fois qu'un malin touche son alloc dans le 16ème et s'en aille vivre en Creuse ...

Non, bien sur, l'allocation sera versée sous forme de tickets alimentaires, correspondant à une gamme de produit (par exemple, on ne pourra acheter que certains produit leader price, pas question d'aller au Bon Marché, mais attention a prévoir hallal et cacher).

Maintenant, passons à la question du logement ... combien de metres carré constituent le minimum vitale pour une personne ? ensuite, est ce que l'on considère qu'avoir 10 m carré à coté du panthéon, c'est comme être en banlieue ?
Si on résoud ces questions, de nouvelles apparaissent ... on donne de l'argent ou un lieu ? Sachant que ca coute pas la même chose selon les endroits ... faut-il réhabilité la solution sovietique des appartements colletifs (en gros, 1 pièce = 1 famille) ?

Ensuite, autre petit point ... l'alloc est universelle, mais comme on aurait beaucoup de mal à la donner à tout le monde (même à supposer que l'Union Européenne si mette, on ne taxerait que les riches d'europe et là ... fuite de capitaux assurée), faudra la conditionner à un facteur ... tel que la nationalité européenne par exemple, ce qui ne sera pas sans indigner un certains nombre de personnes, qui y verront une fois de plus, un mépris occidental pour le reste du monde.

Mais bon, passons ! Imaginons que ces questions soient résolues.
Quelle instance pourrait imposer au monde entier une telle mesure ? L'ONU bien sûr, dont-on sait qu'elle peine déjà à faire payer aux Etats leurs cotisations, alors une alloc mondiale ?

Finalement ? l'allocation universelle, c'est pas mettre la charrue avant les boeufs ?

ps: "Le droit au rève à pour pendant le devoir de vigilance" Henri Broch


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hadrien



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MessageSujet: Re: Pour une Allocation Universelle   Mar 13 Déc - 15:14

ps: je m'excuse pour les fautes d'orthographe, de syntaxe et de grammaire.

Faute avouée n'est-elle pas à moitié pardonnée ?
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Olivier

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MessageSujet: Re: Pour une Allocation Universelle   Ven 16 Déc - 14:19

Afin de répondra au mieux et intégralement à toutes tes objections, je ferai un message séparé pour chacune d'elle.
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MessageSujet: Re: Pour une Allocation Universelle   Ven 16 Déc - 14:25

FINANCEMENT PAR L'IMPOT

Citation :
Donc, nous disons donc que finalement, le problème, c'est de lever des fonds suffisant de manière à la verser à tout le monde cette opium universel. Pour cela, on se propose une chose, le plus beau des vieux pots à confiture, pour la plus novatrice des idées, l'Impôt ! Evidemment, on a dépensé tellement d'imagination déjà pour avoir une idée neuve, qu'on en a plus pour imaginer comment la mettre en oeuvre.

Tu traites l’Allocation Universelle comme la dernière marotte d’utopistes en mal de fantasmagories. Elle fait partie de l’Utopie, sous un certain rapport, mais pas de celle que tu railles.

Elle n’est pas qu’un vœux pieux irréalisable, en effet. Elle existe aux Etats-Unis, pays qui n’est pas tout entier l’Empire du Malin, mais qui a aussi initié de fameux mouvements d’émancipation (pensons au féminisme…). Ce n'est donc pas une utopie en ce sens-là. En revanche, elle trouve déjà un antécédent dans l’Utopie de Thomas More (1478-1535), en… 1516 ! C’est là qu’on trouve la première suggestion d’un revenu garanti : Thomas More fut le premier à penser le lien entre misère et criminalité, à vouloir éradiquer la première pour réduire la seconde par ricochet.

Mais le premier à proposer d’octroyer inconditionnellement un revenu modeste de base à chacun, n’est autre que l’inventeur de la pension de retraite : Thomas Paine (La Justice agraire, 1796). Comme tu le vois, ça date du Directoire ! Je me vois donc dans l’obligation d’aller jusqu’à refuser le seul mérite que tu me laissais : celui de l’imagination…

En revanche, je me repose sur la tienne (féconde et prolifique !) afin de trouver un autre mode de financement que l’impôt et les taxes diverses pour financer une mesure sociale d’origine étatique ou méta-étatique. A cœur vaillant rien d’impossible : je te laisserai trouver le moyen de transmuter en or tout le plomb que ton argumentation a dans l’aile !


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MessageSujet: Re: Pour une Allocation Universelle   Ven 16 Déc - 14:31

MONTANT DE L'A. U.: UN CALCUL IMPOSSIBLE ?
FUITE DES CAPITAUX, MEPRIS OCCIDENTAL


Citation :
Mais qu'à cela ne tienne, et imaginons que ce soit possible !
Comment fixerait t-on le montant de cet allocation universelle ? (…)nous savons tous que les prix de ces biens de consommation diffèrent d'un pays à l'autre, d'une région à l'autre, d'une ville à l'autre ... dès lors, faudra t-il empécher ces gens de circuler des fois qu'un malin touche son alloc dans le 16ème et s'en aille vivre en Creuse ...


Concernant le niveau national (d'une région à l'autre, d'une ville à l'autre), bien entendu, ce serait mieux si un droit social pouvait à ce point épouser les situations particulières. Nous savons tous que ce n’est pas possible ; et qu’à le vouloir trop, on finit par rêver une planification économique totale, totalement désastreuse, à cause précisément de son impossibilité. Ta mauvaise raillerie sur le collectivisme soviétique vient de là : d’une mauvaise question, on ne peut tirer qu’une mauvaise réponse.
Car, tout de même, des mesures sociales existantes comme le RMI n’ont jamais été compromises par ces pinailleries… Je ne vois pas pourquoi l’A. U. y serait particulièrement exposée…

Au niveau européen (variation des prix d'un pays à l'autre), j'admets qu'il y a des différences qui ne peuvent être évacuées. Il semble bien qu'un euro n'ait pas le même pouvoir d'achat en France et en Pologne. De là, deux solutions possibles:

1) faire varier le montant en numéraire de l'allocation universelle d'un pays à l'autre, de sorte à égaliser le pouvoir d'achat (des biens impliqués dans les besoins fondamentaux);

2) ou calculer le montant de l'A.U. "au plus haut", sur la base du pays où l'on achète le moins (des biens impliqués dans les besoins fondamentaux) avec le même euro.

Deux autres possibilités auraient été de faire une grosse moyenne, ou d'aligner le montant de l'A.U. sur le pays où chaque euros a le plus fort pouvoir d'achat. Elles sont évidemment à exclure, pour ce qu'elles impliquent que certains individus n'auraient pas leurs besoins fondamentaux couverts au sein même de leur pays. Or, on ne peut bien évidemment pas les contraindre à quitter leur famille, leurs amis, et à apprendre une nouvelle langue.

Il ne reste donc que les deux possibilités précitées. Des économistes pourraient fournir un calcul approximatif: je ne le suis malheureusement pas. Il serait sans doute possible de jongler avec ces deux solutions selon la situation ponctuelle des écarts en Europe: la première solution conviendrait s'il y a peu d'écarts; s'il y a de grands écarts entre les pays, la seconde, plus redistributrice entre les pays européens, contribuerait sans doute à les résorber.
Je pencherais donc bien plus volontiers pour la seconde solution: aligner le montant de l'A.U. sur le pays où le pouvoir d'achat d'un euro (en matière de biens fondamentaux) est (en moyenne) le plus faible.

Pour la question de la surface minimum habitable, je signale que la loi fixe une telle limite : quand la surface moyenne par habitant en France (2002) est de 37.5 m2 / pers., la surface minimum légale actuelle est de moins de 9 m2. (cf. site du Droit Au Logement : http://www.globenet.org/dal/index.php3?page=ACTUINDE)
Cette limite est bien évidemment trop basse : pour comparaison, la norme biologique minimale pour une truie et sa portée en France est de 7 m2. L’accroître ne serait pas arbitraire ! C’est un peu simplet de croire qu’on ne peut pas faire de mesure plus ou moins juste, à défaut d’en pouvoir faire d’exactes… (c'est une variante du célèbre sophisme du sorite)

A ce compte-là, pourquoi ne pas faire travailler les enfants, puisque la majorité est si arbitrairement fixée à 18 ou 21 ans !


Quant à la fuite des capitaux, j’en ai déjà parlé : diversifier les taxes, privilégier les plus indolores (TVA de luxe, taxe sur les mouvements financiers et/ou d’informations…). J’introduis une nouveauté : supprimer les aides sociales que l’A. U. peut remplacer sans nuire le moins du monde au populations défavorisées. Si le niveau de l’A. U. le permet, on pourrait peut-être même supprimer le SMIC ! Mais j’insiste : à aucun moment ces suppressions ne devraient être au détriment des plus défavorisés. Elles doivent justement améliorer leur condition. Et voici comment : en remplaçant ces aides sociales, distribuées sous contrôle de situation sociale, par l’A. U., distribuée à tous sans condition d’aucune sorte, l’Etat économiserait, pour la même somme distribuée, tous les frais administratifs de contrôle : la majeure partie des 21,1 milliards d’euros de frais de gestion (2004) ! (cf. INSEE : http://www.insee.fr/fr/ffc/chifcle_fiche.asp?ref_id=NATFPS04612&tab_id=218 ou encore la DREES : http://www.sante.gouv.fr/drees/etude-resultat/er435/er435.pdf)

Enfin, pour ce qui est de l’argument du « mépris occidental » que serait censé représenter le fait d’allouer à chacun ce qui lui revient de droit, autrement dit, le fait de transformer le droit juridique que chaque personne a de vivre en droit réel, j’avoue ne pas bien voir où il pourrait mener… Il t’a paru ridicule tout à l’heure que je l’envisage au niveau mondial, et voilà que tu me reprocherais de ne pas l’envisager à un niveau mondial ? C’est à n’y rien comprendre…
Mais faisons comme si tes mots avaient un sens, feignons-le, juste une minute : l’A. U. en Europe n’exclut en aucune façon une aide au tiers-monde, sous quelque forme qu’on veuille l’imaginer.


Dernière édition par le Dim 18 Déc - 16:59, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: Pour une Allocation Universelle   Ven 16 Déc - 14:35

L'A.U. A-T-ELLE UN AVENIR POLITIQUE POSSIBLE ?

Citation :
Ainsi, histoire d'être bien réaliste, on va dire qu'il faudra commencer par une harmonisation fiscale au niveau européen (minimum,) et au mieux, au niveau mondial. Chose, on ne peut plus logique, et irréaliste.


En effet, la conjoncture politique n’est pas des meilleures en ce moment pour y insérer un tel projet. Je suis d’accord avec toi : l’échec d’une constitution politique au niveau européen compromet pour quelques temps l’instauration de l’A. U. au niveau européen. Le temps du politique n’est pas celui du scoop, pas même celui de la vie individuelle : il est extraordinairement plus long. Il faut travailler et relayer des idées comme celles-là, me semble-t-il, afin qu’un jour (peut-être), elle s’impose aux yeux de tous comme la plus juste, la plus humaine et la plus raisonnable.

Mais rien n’interdit de voir les choses sous un tout autre angle : si l’on regarde attentivement le projet de constitution européenne, outre quelques éléments difficilement acceptables, on trouve parmi les principes affirmés : « le droit à la vie », ainsi que (art. II-75, 1) : « Toute personne a le droit de travailler et d’exercer une profession librement choisie ou acceptée ». En somme : deux principes qui, à eux seuls, auraient suffi à étayer une véritable promotion de l’A. U.. Personne n’a contredit ces deux positions du texte pour des motifs sérieux : si l’esprit et les opinions d’un temps sont ce vent qui font tourner les girouettes politiques, alors non, les vents ne sont pas si contraires à une politique sociale plus juste.

Tu sembles dire, avec Condorcet : « On ferait tellement plus de choses si l’on en croyait moins d’impossibles »
Je dirais, pour ma part : on ferait tellement mieux les choses si on les croyait moins impossibles.
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hadrien



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MessageSujet: a preciser   Mar 20 Déc - 10:18

tout ne me convainc pas dans ton propos. je te sais plus serieux que ca d'habitude. repond aux questions que j'ai soulever car je suis sur que je ne suis pas seul a me les poser. de plus, l'allocation universelle y gagnerait en precision et en force de conviction.

il ne s'agit pas tu l'aura compris non pas de remettre en cause l'alloc, mais de savoir comment elle se mettrait en place. tout projet polique doit repondre a cette exigeance sous peine de finir sous la critique rongeuse des souris ...

cordialement.


Dernière édition par le Mar 20 Déc - 13:25, édité 2 fois
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