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 CPE / anti-CPE : les violences d'un système

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Vincent

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MessageSujet: Re: CPE / anti-CPE : les violences d'un système   Ven 7 Avr - 13:22

Fred mon fred, quel magnifique récit de misanthrope. Tu as raison, toute ce bruit, toutes ces couleurs, toute cette truculence.... ah quel horreur! Que ne savent t ils pas discuter entre gens civilisés, autour d'une bonne bouteille de chateau la tour. Que ne savent ils pas apprécier une marche solitaire mais polémique en haut d'une falaise, les yeux embrumées d'une larme mélancolique. Et ils n'ont même pas l'excuse d'etre pauvre. Quelle décadence. Nettoyons celà au Karcher, çà m'indispose. Suffit le Cpe, suffit les hommes, laissez moi à ma souffrance, moi l'authentique, moi le pure, moi tout seul.
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Olivier

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MessageSujet: Re: CPE / anti-CPE : les violences d'un système   Ven 7 Avr - 14:00

Malgré toute l'estime que je te porte, Fred, je crois que Vincent marque un point. Neutral

Je suis aussi un peu perplexe. Même si je suis bien d'accord avec toi pour dire que le mot "précarité", à force de revenir dans toutes les bouches, se vide de son sens, de là à dire que la vie aussi est précaire, après tout, et qu'il n'est rien de scandaleux à ce que le travail le soi...

Tu dis :

Citation :
En outre, si je suis contre le libéralisme pour des raisons écologiques, la lutte contre la précarité (de même que le concept vide) me semble être la dernière des inventions médiatiques pour faire passer le PS en 2007.
Vous en pensez quoi ?
La vie est fragile, instable, précaire, une lutte suite de souffrances entrecoupée de vagues éclairs, et à la fin on meurt...

Je cite maintenant Laurence Parisot :

Citation :
La vie est précaire, l'amour est précaire; pourquoi le travail ne le serait-il pas ?

Je ne veux pas dire par là que tu défends en général des positions proches du Medef, seulement que confondre ce qui est avec ce qui doit être semble vous être sur ce point un péché mignon commun.

Non vraiment, le thème du struggle for life érigés en normes dans les domaines économiques et sociaux n'ont jamais produit rien de bon...

Mais je suis sûr que tu es d'accord, en plus.
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Olivier

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MessageSujet: Re: CPE / anti-CPE : les violences d'un système   Ven 7 Avr - 14:02

P.S. : cela ne me dérangerait pas s'il arrivait au pouvoir... Rolling Eyes
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Karmai

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MessageSujet: Re: CPE / anti-CPE : les violences d'un système   Ven 7 Avr - 17:54

Je partage plusieurs points de vues. j'espere pouvoir apporter ma petit pierre à cette reflexion.

Tout d'abord je partage le point de vue d'Hadrien sur la non existence d'un complot. S'il peut exister des dérives, des erreurs dans le chaos des affrontements, je n'en reste pas moins relativement satisfait des interventions des CRS qui visent principalemnt à choper les mecs qui cassent.

Ce point de vue ne serait pas le mien si je ne méprisais pas la manifestation. Et c'est là que je partage une partie du point de vue de Fred. Si je ne partage pas sa forme de misanthropie, je crois que je meprise tout autant les ordres donnés aux CRS, que la bétise moutonnière des défilés gueulard. Cette masse de gens se retrouve pour meugler deux ou trois slogans simplistes.

Ma vision de la sphere du politique est celle de la complexité. Cette simplicité de message est en complete contradiction avec la diversité des points de vues sur le CPE. Personellement je ne me retrouve pas dans cette revendication de masse qui met cote à cote des anarchistes, des communistes, de la gauche caviard, des étudiants bourgeois, des fonctionnaires aux bedonnants galons, etc. Le dénominateur commun est trop grand pour être pertinent.

je ne crois pas à la violence sous toutes ses formes. Pour moi un blocage représente un fort risque de violence (car non démocratique. Ce n'est pas vincent et olivier qui vont me contredire vu ce qu'on a vu. cf anarchistes).

Nous tous, sommes les jouets d'un jeu politique qui nous dépasse . Et personne en particulier n'en tire les ficelles, c'est donc chaque individu qui par ses actions influe sur l'évolution d'un probleme.

Ce que je retiens de mai 68, c'est que les mentalités des jeunes étaient déjà convaincu par le besoin de plus de liberté. Avec ou sans violence, le grand nombre des étudiants issu de la generation du baby boom aurait procéder à une liberalisation de la société de toutes les façons. Il y a des pays qui aujourd'hui disposent de la meme liberté sans avoir d'équivalent au niveau de la violence dans l'accession à cette liberté.

Sur la précarité, la lutte contre le liberalisme, la lutte contre la droite, les injustices ou tout ce qu'on veut ce sont les mentalités qui font evoluer les choses. Je crois plus dans l'investissemnt d'Olivier dans Utopia que dans la création de son objet de gueulante (magnifique artistiquement parlant) qui ne véhicule qu'un message relativement grossier en regard du personnage dont la vision politique est, je n'en doute pas une seconde, plus fine.

Je crois beaucoup dans la discussion et le débat serein. dans cette optique, ton désir utopique d'AG est tout à fait légitime Vincent. Mais je pense que bloquer une université n'a jamais été nécessaire pour que les gens qui ont envie de débattre le fasse. Par contre, pour générer un climat de tension, qui ne trouve sa resolution dans que une forme de violence, l'occupation marche tres bien.

Ce forum en est un exemple criant. J'apprend plus à travers la discussion des autres, et je suis, d'un point de vue politique, bien plus pertinent apres ces nombreux débats, qu'apres avoir lancer des cailloux sur de CRS, essuyé mes yeux aspergés de poivre, et gueuler "Dans l'cul" à Villepin, qui , je n'en doute pas une seconde, est vraiment détruit moralement apres une attaque aussi fine.

Dans l'espoir de ne pas être à côté de la plaque...

bien à vous tous.
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Olivier

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MessageSujet: Re: CPE / anti-CPE : les violences d'un système   Sam 8 Avr - 4:31

Tous ensemble, tous ensemble, bêê ! bêê !


Salut Karmaï !

C'est une contribution significative au débat, même si je pense qu'il faut affiner ici ou là quelques points.

Commençons par le désaccord sur la nature et les buts d'une manifestation. Toi comme Fred en avez une vision plutôt négative. Vous la voyez comme :

1) trop moutonnière;
2) trop conne simpliste.

Je suis bien d'accord avec 2), mais on n'y va pas pour s'y former intellectuellement, ni pour s'y former le jugements relativement au CPE. La réflexion est un moment qui doit précéder l'expression visible des opinions, mais elle ne saurait s'y substituer. De la même façon que l'on tourne sa langue sept fois dans sa bouche avant de parler. Le but d'une manifestation est de manifester une opinion de la façon la plus visible possible, et non de l'argumenter; cette bouche immense est muette pour les longs discours, et même si une manifestation durait des siècles, l'on attendrait en vain qu'elle en vienne à réciter comme slogan l'ensemble de la Théorie de la justice de John Rawls (ou même un paragraphe).

Quant à 1) : vous voyez des gens scander les mêmes slogans, faire les mêmes gestes, parfois ridicules; et tenir les mêmes discours. Vous en déduisez que c'est parce qu'ils sont en masse qu'ils sont d'accord.

C'est faire sombrer toute la beauté d'une manifestation dans le ridicule, car, pour beaucoup, leur accord n'est pas l'effet de la masse sur eux, c'est bien plutôt leur accord préalable qui fait qu'ils se sont regroupés.

Ce qui n'exclut pas certain cas ridicules, bien entendu : "tous ensemble, tous ensemble, bêêê ! bêêê !"


Dernière édition par le Sam 8 Avr - 4:52, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: CPE / anti-CPE : les violences d'un système   Sam 8 Avr - 4:49

Il me faut ajouter qu'une manifestation n'est pas une foule, c'est un ensemble structuré de personnes, où la place que l'on occupe dans le cortège détermine notre message individuel, en même temps que le message global de la manifestation.

Mon action individuelle n'a pas le même sens si je me poste sous le noir drapeau de l'anarchisme que si je côtoie celui de la CGT; et la manifestation n'aura pas le même sens si la majorité des gens côtoient le drapeau communiste que s'ils suivent la bannière : étudiants de la Sorbonne.

Il est possible de parler plus ou moins adéquatement par et dans une manif'... Mais ce langage est le plus souvent un langage du corps, de la position du corps dans l'ensemble des autres corps relativement à certains corps qui portent un certains sens.

Les bannières, affiches, etc. que l'on peut réaliser en vue d'une manifestation sont des prolongements de notre corps pour le saturer de sens, et rendre notre message le plus visible possible.

Que cette manière d'expression qu'est la manifestation ne permette pas l'abstraction n'est pas si grave : c'est du décalage entre la volonté d'exprimer quelque chose, et l'impossibilité de le dire clairement et complètement que naît la création de nouveau moyens, de nouveaux supports; que les moyens d'expressions se diversifient par milliers au sein d'une manif'...

C'est ce qui en fait la beauté, à mon sens, plutôt que la laideur; c'est ce qui fait l'extreme complexité de cette bouche géante au cri uni, composée de mille et mille bouches aux arguments distincts, son extrême complexité... Et non sa bête simplicité.
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Vincent

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MessageSujet: Re: CPE / anti-CPE : les violences d'un système   Sam 8 Avr - 11:57

Salut Nico.
Tu as vécu avec nous la frustration du gachis à l'ehess, mais tu ne sais rien de ce qui l'a précédé, ni des causes qui l'ont provoqués. Je suis donc obligé de te contredire. Le blocage n'est pas nécessairement violent ou potententiel de violences, pas plus qu'il est anti démocratique. Un blocage est une proposition faite en AG, voté à la majorité. Ce sont les arguments qui s'affrontent, pas les gens. Les réactions violentes sont justement celles des personnes qui ne sont pas habituées à la démocratie directe, et se refusent d'y participer. Ils préfèrent se soumettre aux positions de l'administration et de la présidence, qui sont à leurs yeux, des référents bien plus surs qu'eux mêmes. Décider le blocage d'une fac est un acte de haute responsabilité, beaucoup n'acceptent pas d'avoir le droit d'etre responsable. Pour celà, ils dénoncent le blocage comme une atteinte à la liberté et une violence. En ce qui concerne l'ehess, ce n'est pas le blocage qui posa problème, mais l'invasion du site par plusieurs centaines de radicaux (dont une bonne partie n'étaient pas étudiants), desespérés et sans rien à perdre. Ils ont imposé leur point de vue, sans passer par le vote, et ont pris les commandes. Les étudiants de l'ehess, trop peu nombreux, n'ont pas eut la force de résister. Dès lors, l' assemblée générale de l'ehess était dissoute... Il faut savoir que ce genre de situation est un cas limite, uniquement possible à paris étant donnée la concentration de population et la rapidité de déplacement. Dans un sens, ce sont les décisions de fermetures administrative d'une majorité des universités parisiennes et les multiples affrontements avec les crs qui a crée ce flux de personnes completement pommées.
J'espère que ce message t'auras aidé à mieux distinguer.
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Vincent

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MessageSujet: Re: CPE / anti-CPE : les violences d'un système   Dim 9 Avr - 3:59

Bon, en ce qui concerne les interventions des CRS, tu es à coté de la plaque. Leur objectif n'est aucunement d'arreter les casseurs, mais de localiser la manif (c'est à dire fermer hermétiquement la zone perturbée ) puis liquider les manifestations arrivées à leur terme. Dès lors que le regroupement dépasse l'heure déclarée à la préfecture, il devient illégal et les CRS ont l'ordre de disperser (dispersion qui peut prendre plus ou moins de temps, selon leur stratégie et le nombre de personnes). Ils sont par contre des indicateurs (photos, temoins visuels des policiers qui arretent autour des manifs). Leur action de localisation est parfois contre productive vis à vis des services d'ordres de manifestants, car les CRS renvoient les groupes violents non politique dans les manifestants. Ce n'est qu'après la manif, quand toutes les issues sont controlées qu'ils rentrent dans le tas et arretent ceux qui ne courent pas assez vite (où simplement pas assez malins pour ce faufiler ou avoir l'air d'un pauvre passant). Il est amusant par ailleurs, lorsque l'on sait celà, d'observer les stratégies mises en place par les CRS, les indices de changements dans leurs ordres, leurs différents déplacements etc... ce sont de véritables opérations militaires. On pourrait même imaginer un jeu vidéo, Sim CRS... comment rétablir l'ordre normal dans un lieu en faisant le moins de bruit médiatique, le moins de bléssés et le moins de casse possible. Comme dans tous les jeux, il y a des bons joueurs, mais il ya aussi des très mauvais. Je ne méprise pas les CRS; leur travail est de rétablir l'ordre, et c'est parfois nécessaire, voir vital. Cependant, nos intérets sont parfois completement antagonistes. On ne peut pas désirer l'ordre à n'importe quel prix.
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Vincent

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MessageSujet: Re: CPE / anti-CPE : les violences d'un système   Dim 9 Avr - 5:36

Je vais prendre un exemple d'opération menée par les CRS, opération à travers laquelle on comprend parfaitement les motivations générales. Mardi 7 mars, grande manifestation nationale.

A Rennes, après une grande boucle dans le centre ville, la manifestation (environ 10000 personnes) revient à la gare, et une partie des manifestants occupe cette dernière. 2000 personnes se mettent sur les rails. Rien n'est cassé, rien n'est abimé, personne n'est bousculé. L'ambiance est tres chaleureuse (apres avoir marché 4h sous la flotte, on est content d'etre à l'abris). Des groupes de musique arrivent.. on reconnait les airs de kusturica... on discute, on chante, on danse, on rigole. Cette situation va durer 1h30. Pendant ce temps, tous les départs sont annulés, le traffic en bretagne est paralysé, les trains venant de paris en direction de rennes sont bloqués à montparnasse, perturbant à leur tour les trains venant de toulouse, bordeau, caen etc... En une heure et demi, c'est tout le traffic ferroviaire de l'ouest de la france qui est perturbé, contrariant des milliers d'usagers... Il y a un grain de sable dans la machine bien huilée. Pour le gouvernement, le grain de sable ce sont ces jeunes sur les rails. Pour ces jeunes (dont je fais partie) le tas de sable c'est la loi dite "égalité des chances". Beaucoup de gens ne se rendent pas compte des dangers recouverts par cette loi. En étant touchés dans leur quotidien par elle, à travers le blocage d'une gare par des étudiants, lycéens, jeunes salariés et jeunes chomeurs, les manifestants espèrent que les usagers partageront une partie de leur préoccupation, en se renseignant sur le pourquoi de notre blocage. Mais ce blocage est aussi un moyen de pression. S'il devait durer, le blocage aurait un coup financier considérable... surtout si reproduit chaque jour, partout en France, sous des modes divers. Les transports de marchandises n'arrivent pas à l'heure, gachant parfois des journées entieres de travail, journées pendant lesquelles les machines tournet à vide. Ce coup financier met la pression au gouvernement. Cette pression est politique, car les revendications sont claires : retrait de la loi dite égalité des chances. Le gouvernement peut mettre un terme à la situation de deux façons différentes : envoyer les CRS (sa stratégie depuis 2 mois), négocier avec les syndicats ( le minimum revendiqué étant le retrait du CPE, revendication appuyé par un opinion public largement défavorable (aux alentours de 80%) au cpe ).

Donc, les CRS arrivent les manifestants s’assoient sur les voies. Les CRS entourent les manifestants, la seule possibilité de sortie, ce sont les escaliers qui remontent dans le hall de la gare. Comme personne ne bougent, les CRS mettent leurs masques et envoient les gaz. Il devient d’abord difficile de respirer, puis c’est completement invivables. Tout le monde se lève et se déplace lentement, la tete dans son pull vers les escaliers. En 10 minutes, tout le monde est dans le hall. Les manifestants forment des chaines et se regroupent devant les escaliers. Les CRS poussent, mais n’ont pas la force de nous faire reculer. Ce sont eux qui reculent. Alors ils gazent à nouveau. Les chaines reculent d’une dizaine de metres. Puis même scénario répété une douzaine de fois, pendant environ 45 minutes. Dans les escaliers qui descendent vers l’entrée principale, les manifestants s’accrochent aux balustrades, se tiennent. Les CRS ne peuvent pas nous gazer dans les escaliers, alors ils sortent les matraques et frappent ceux qui sont devant eux, mais uniquement les épaules, les dos, les mains. Pas de coup au visage. Nous reculons tres doucement. De nombreux manifestants sont hapés derrière la ligne de CRS, mais nous nous tenons les uns aux autres et leur stratégie ne fonctionne pas aussi bien que prévu. Au bout d’une demi heure, ils parviennent tout de même, à grand renfort de gaz, à faire sortir tout le monde de la gare. Une fois tout le monde sur la place de la gare, ils bombardent avec des dizaines de grenades lacrymogène, et chargent. On ne voit pas à un metre devant soi, tout le monde cours… les moins rapides où ceux qui seront à terre (chutes, malaise dus aux gaz etc..) seront arrétés.

Nous avons avec cet exemple une cristallisation de l’antagonisme entre manifestants et CRS. Les manifestants veulent instaurer un rapport de force avec le gouvernement en bloquant un lieu stratégique, organiser un désordre polémique. Les CRS ont comme mission de rendre les choses fluides, et de liquider les résistances. Nous ne pouvons pas gagner véritablement contre les CRS, mais bien organisés, nous pouvons leur rendre la tache si difficile que le gouvernement ne puisse plus recourir à eux de manière efficace. En effet, les CRS ne sont pas rapides, ils mettent beaucoup de temps à se deployer. Un barrage flottant de manifestants peu les rendre fou en disparaissant dès qu’ils arrivent. Nous désirons une solution politique à un conflit politique. Le gouvernement ne s’y est toujours pas résigné. (nous pouvons tout de même ajouter que les manifestation à Rennes ont triplé leur importance. Mardi dernier, c’est plus de 30000 personnes qui étaient dans la rue. La gare à quant à elle, été rebloquée à de nombreuses reprises)
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Karmai

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MessageSujet: Re: CPE / anti-CPE : les violences d'un système   Dim 9 Avr - 6:29

Ton exemple me laisse profondement perplexe car ce bloquage est violent (j'impose ma volonté) et d'une démocratie douteuse.



Je sais bien que je ressors l'argument "est-ce que c'est pas contradictoire de museler la liberté des autres au nom de la liberté?" qui doit être sorti à foison par ceux qui veulent la reprise des cours. j'assume.

De plus, si 80% des gens sont convaincu de l'absurdité du CPE, à quoi cela sert de déranger des gens qui sont déjà convaincu? Je ne vois pas bien l'intéret du bloquage...Meme si la fete devait etre super...
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Vincent

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MessageSujet: Re: CPE / anti-CPE : les violences d'un système   Dim 9 Avr - 6:50

Le blocage de l'université n'est pas du même régistre que celui de la gare. Ce blocage de la gare n'a pas été voté (par qui aurait il pu l'etre, d'autant que s'il l'avait été, les CRS aurait occupé la gare avant nous ), tandis que celui de l'université est bel et bien démocratique. Par contre le principe de blocage et de sitting dans des lieux public a été voté, et est mis en place de manière ponctuelle par les commités de mobilisation. Il faut savoir que depuis 2002, avec les lois Sarkozy, tout regroupement de plus de 10 personnes est formellement interdit sur la voie publique, à moins d'étre autorisé par la prefecture. Cette loi, inapplicable au quotidien, permet au CRS de disperser légalement tout ces types d'actions. Nous savons en le faisant que les CRS interviendront à un moment où l'autre. Faut il pour celà y renoncer?
Je comprends ton point de vue, mais je te renvoie la question. Puisque tant de gens sont contre le CPE, de quel droit De Villepin qui n'a jamais été élu le maintient coute que coute. Ce que tu appelles les mentalités ne suffisent pas à faire reculer le gouvernement. De plus, je te rappelles tout de même que c'est parce que la mobilisation anti CPE s'est maintenu et a grossi contre vents et marées que l'opinion public s'est si largement positionné contre le CPE, et qu'à la dernière journée nationale de mobilisation, plus de 3 000 000 de personnes se sont déplacées pour envoyer un signal fort au gouvernement. Au début, c'était pas si clair. Doit on se resoudre à faire comme si de rien n'était, en attendant des jours meilleurs ? Quelles chances accordes tu à la contestation silencieuse ? Te sens tu vraiment concerné par le CPE ? Si oui, que proposes tu ? Si non, je comprends encore mieux ton point de vue.
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MessageSujet: Re: CPE / anti-CPE : les violences d'un système   Dim 9 Avr - 8:11

Avant que ça ne dégénère en socioanalyse de Karmaï, j'aimerais rappeler qu'il a donné un argument : au nom de la liberté, on ne suspend pas les libertés.

En tant qu'étudiant en philosophie, tu ne dois pas être désarmé pour l'affronter... A quelles conditions, selon toi, est-il concevable de donner valeur à l'argument de Karmaï, et à quelles conditions cela n'est-il pas concevable ? Explicite un peu les choses, et pourquoi cet argument n'est pas recevable dans le cas présent, quelles sont ses limites, etc.

Ce sera sans doute plus intéressant que de se traiter de bourgeois... Et ton point de vue en gagnera en force, je pense.
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Karmai

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MessageSujet: Re: CPE / anti-CPE : les violences d'un système   Dim 9 Avr - 9:20

Vincent, tu avoues toi même que le blocus de la gare était non démocratique. Je ne me repeterais pas sur la violence de l'imposition d'une action sans le consentement.

De plus, tu sais, comme moi, la pertinence du dessin que nous a donné Sebastien sur la pertinence des votes en AG. (démagogie, dénigration d'une opposition, vote non secret)

Egalement, je repete mon argument sur mai 68. Les mentalités aurait changé avec ou sans violence (ie enlever la liberté de certains au nom de la liberté) car la majorité des jeunes voulait que ça change.

Je ne me fait pas de souçi sur le cpe car si 80% des français sont défavorables.

1 - Il ne sera pas appliqué car soit le patron pense que c'est un contrat nul, soit la pression de la majorité de l'entreprise verra d'un tres mauvais oeil cette utilisation. Augmentant tres franchement les chances que cette loi aboutisse dans une tombe.

2 - Aux prochaines elections, tous les gens mécontent de ces mesures voteront alors en masse pour ceux qui s'engageront à l'enlever et contre ceux qui l'ont imposé.

Si Villepin ne joue surement pas le jeu démocratique en ignorant le peuple, c'est peut-être une preuve d'intelligence de croire en ce jeu là, nous.

Il est je pense interessant qu'on ne puisse pas nous accuser de violence et de non démocratie, qui sont, il me semble, deux mamelles du jeu de Sarkozy.

Une derniere precision, je ne suis pas contre les manifestations. Je crois au contraire à leur efficacité, même si ma misanthropie me pousse à ne pas les aimer. Mais je troquerais bien ce mode d'expression par d'autres (je pense particulierement à des referendums plus fréquent comme en Suisse par exemple, bref, une démocratie participative)
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hadrien



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MessageSujet: Re: CPE / anti-CPE : les violences d'un système   Dim 9 Avr - 11:52

je suis tout à fait d'accord avec Karmai (et Olivier de surcroit)

et je poserai 3 questions à Vincent qui semble faire de Rennes 2 un exemple pour tout le mouvement étudiant :

- 1. Si les AG sont si démocratiques que cela, pourquoi avoir reconduit la grève alors qu'il y a 3 semaines, un vote à mains levées (plus haute expression possible de la démocratie directe) a semé le trouve dans l'assemblée, car il ne se dégagait aucune majorité pro-blocage, voire même pire, les anti-blocage auraient été majoritaires ... Auquel cas, les gens de la tribune (tous pro-blocages) ont décidé de reconduire le vote. Bel exemple de démocratie, c'était un lundi.

- 2. Pourquoi les pro-blocages de Rennes 2, grands démocrates devant l'Eternel ont-ils empêché un vote à bulletins secrêts, avec contrôle des cartes étudiantes ? j'imagine qu'il est plus facile de reconduire un blocage lorsque des non-étudiants participent au vote ...

- 3. Quel est le rapport entre la SNCF et l'Etat capitaliste-libéral-destructeur-de-droits-sociaux que tu dénonces ? qui plus est en quoi les usagers de la SNCF doivent-ils faire les frais des actions étudiantes ? de quoi sont-ils coupables ? Je m'intérroge, surtout que du coté étudiant, comme tu l'a dis, pendant 1 h 30, l'ambiance était à la fête, tandis que je doute que les gens bloqués dans les trains aient eu du Kusturica pour les détendre ...

- 3 (bis). Le mouvement étudiants sembler porter ses fruits donc c'est la preuve que les moyens d'actions sont éfficaces. Une petit remarque dans ce raisonnement. Il est à mon avis faux. Rien ne prouve que le blocage ait si bien marché. La preuve, c'est que toutes les universités ne sont pas bloquées et que cela n'empêche pas les manifs d'être suivies et nombreuses.
De plus, il aurait été plus intelligent de bloquer ponctuellement les universités, en organisant des forums, des débats avec les professeurs, plutôt que "d'informer" (lol) les étudiants dans des AG dont la première à la Sorbonne (à laquelle j'ai assisté) est tout de suite partie sur : "le capitalisme blabla, Marx l'avait dit ; retrait du CPE et du LMD ; grève générale, faut que tout pête ; etc ..."


En gros, voilà mes remarques, comme tu le vois, je doute de la pertinence du blocage à long terme comme condition siné qua non de la réussite du mouvement. De plus, les appels à la volonté générale et l'incantation de la prétendue démocratie directe qui caractériserait les AG me laissent perplexe.

Comme le disait un philosophe : "le peuple a parlé ? pourquoi n'ai-je rien entendu ?"


Cordialement


ps: si vous voulez vous marrer, cherchez un peu des comptes rendus de la réunion de la coordination nationale étudiante, qui s'est tenue à Lille (ou Villeneuve d'Asq) les 1 et 2 avril.


Dernière édition par le Lun 10 Avr - 14:07, édité 1 fois
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duriusculus



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MessageSujet: Re: CPE / anti-CPE : les violences d'un système   Lun 10 Avr - 13:41

Je vais tenter d'interpeller l'ensemble de cette Assemblée.
Ce mouvement s'est voulu contre le CPE.
Ce mouvement s'est voulu contre le CNE.
Ce mouvement s'est voulu soutien de la cause « Art du spectacle ».
Ce mouvement s'est voulu contre le gouvernement.
Mais voyez-vous : les épaules de certains de vos jeunes soldats sont encore trop frêles pour porter votre fardeau en plus du leur.

Vous vous insurgez contre le gouvernement, contre sa surdité à votre égard, contre une loi immorale.
Et, que faites-vous ?
La même chose vis-à-vis de certains d'entre nous.
Mais comme nous sommes minoritaires, vous vous bouchez l'oreille dans laquelle on vous crie notre désarroi depuis le début.
De plus vous avez tenté de créer un mini Etat,
Après avoir observé que ce dernier ne convenait pas à tout le monde ; au lieu de faire à mini-échelle ce que vous requériez vous-même du grand ; vous vous êtes fait le reflet de ce dernier.
Les plus malins auraient tenu compte de tous ;
et avec avantages et inconvénients se seraient faits les garants des plus inquiets, soit des plus faibles.
Mais voilà ceci n'est pas, car vous ne savez déjà plus à votre niveau le sens du mot : égalité.
Aussi ça n'est pas ne tenir compte que d'un point de vue, qui plus est le sien ;
mais de tenir compte de l'ensemble des points de vue, et oui... Même le sien ! que vous agirez dans l'intérêt de tous.
Pour répondre aux propos aberrants tenus par certains étudiants, soit :
-"Tu n'as pas besoin d'aller en cours, les profs ne servent à rien... Tu sais lire voyons!"

Chers amis,
Ce n'est pas parce que vous savez pédaler et que vous exigiez la suppression de vos petites roulettes sous prétexte d'avoir déjà trouvé votre équilibre ;
qu'il faille démonter les roulettes de vos petits camarades qui, évoluant à leur rythme, en sont encore à apprendre à poser à plat les pieds sur les pédales.
Votre détermination à vouloir nous faire subir cette égalité apparente est la principale cause de nos chutes à répétition.
Vous nous avez voulu à la hauteur de la tâche historique qui nous incombait;
Mais voilà toute cette histoire n'est que leurre.
Vous nous avez, en abusant de notre confiance, fait subir la plus infâme des scènes :
vous nous avez fait participer au sabbat des sorcières.
Et je m'explique:
Vous nous avez fait embrasser le cul du diable , en nous faisant croire que c'était le cœur d'un ange.
Et rendez vous à l'évidence : l'objet n'était que précairement camouflé.

Enfin je propose :
Que ceux qui veulent par eux-même rester mobilisés, le fassent !
Que ceux qui veulent retrouver leur place en cours, le fassent !
Et avec ou sans vote, ces 2 points me semblent être les plus convenables.
Et s'il fallait que quelques têtes brûlées comme moi; que nous passions devant, pour vous frayer un chemin ; alors sachez que j'en serai demain à la 1ère heure.
Un ultime point à éclaircir :
Nous n'avons pas le pouvoir de réécrire cette loi.
Evitons que ce mouvement anti-CPE ne persiste à être le mouvement qui empêche les plus démunis de tenter d'échapper à leur pauvreté naturelle.
Sachez que pour certains d'entre nous : la proposition d'acquérir un savoir en un quelconque domaine, est une chance que nous avons saisi.
Au nom de quoi nous empêchez-vous d'assumer notre engagement ?
Votre raison ne nous est jamais parue comme suffisante.
Voici Vincent, mon discours tenu ce lundi 10 avril en Assemblée Générale à Rennes, sur le campus de Villejean devant 3.500 personnes (environ).

Les réactions à ce discours furent :
Au plus près, des "ton temps est écoulé", et ce, au bout de 1 min au lieu de 3 min ; mais j'ai contesté et continué ; car je savais que mon discours tenait en 2 min 50 s et pour cause je m'étais chronométrée pour éviter justement que cette raison ne joue en faveur d'une censure.
J'ai aussi eu le droit à un : "Connasse ! ", ce à quoi j'ai répondu : « merci. », et répété ma réplique : "nous avons tous des disponibilités à employer les insultes".
Et enfin le meilleur : des témoignages de partage idéologique, soit des applaudissements.
J'avais prévu 2 autres discours, mais je ne les ai pas tenu.
En effet, j'ai quand même pris peur lorsque quelqu'un m'a prise à parti, à la fin de cette présence éloquente ; pour me dire que je ne connaissais rien à la vie patati patata, et que si je me permettais de l'ouvrir encore une fois j'allais voir ; voire le regretter.
Mon épopée s'arrêta donc là.
Je vous remercie en tout cas d'avoir pu me donner des arguments à formuler, et d'avoir enrichi ma réflexion.
Bien à vous, cordialement, Linda alias Duriusculus.

PS: apparemment le vote du blocage (auquel j'ai comme toujours participé, et enfin nous avons eu droit à un vote avec décomptage) à Rennes serait actuellement favorable à une reprise. Ça tombe bien, je n'aime pas perdre.


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hadrien



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MessageSujet: Re: CPE / anti-CPE : les violences d'un système   Lun 10 Avr - 14:31

ben tu manque pas de couilles si je puis dire, si tu as dis ça dans une AG, je te salut bien bas.

C'est vrai que la question de la minorité en est une bonne, car si la démocratie, c'est faire taire ceux qui sont pas d'accord au pretexte qu'ils sont moins nombreux, c'est dommage ... en tout cas, je préfère un prince qui peut être impartial à une majorité à tous les coups tyrannique.

Heureusement, la démocratie, c'est plus la pratique du compromis que la recherche la volonté générale, c'est être plutot tempéré, ne pas être trop dogmatique, sous peine de remplir les prisons et de tacher les battes de baseball. Mais bon, rien n'est jamais parfait.

En fait, la démocratie, c'est insatisfaisant à ce détail près que comme disait Churchill : "lorsqu'on sonne à 6 heures du mat' à ma porte, je suis sur que c'est le laitier".

Le monde ne sera jamais parfait, donc peut-être que nous qui souhaitons un monde meilleur devrions nous tenir compte des opinions minoritaires. De ceux qui nous soutiennent mais sans le blocage (tout du moins total), de ceux qui ont des avis divergeants (mais qui sont prêt à discuter sans qu'on leur tienne Le discours de La Vérité) ou qui veulent pas en découdre avec les flics ou faire des actions qu'ils jugent inutiles.

En fait, cela paraît irréaliste ... avoir assez d'imagination pour ne pas retomber dans les travers habituels et dans le : "tant pis pour les autres, nous la volonté générale disons que ..." Oui, ça parait délirant ... vouloir changer les moyens d'actions et les attitudes ostracisantes pour que le monde cesse d'être ce qu'il est ... miné par la dénonciation perpétuelle de l'Autre, celui qui ne pense pas comme nous ...

Utopie quand tu nous tiens ...


ps: les résultats du vote à Rennes 2 sont :

Pour l'arret du blocage : 2348 voix ( 54 %)
Contre l'arret du blocage : 1994 voix (46 %)

total des votants : 4342

Vox populi, vox dei Smile
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Vincent

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MessageSujet: Re: CPE / anti-CPE : les violences d'un système   Mar 11 Avr - 12:03

Merci à tous les étudiants qui même dans les moments difficiles ne se sont ni laissés gagner par la peur, la paresse, ou le mal du pays et de ses habitudes. Je suis content que les étudiants de Rennes 2 aient continué la mobilisation jusqu'à la mort du CPE, qui pour n'etre pas la seule menace de la loi égalité des chances, en était le fer de lance. Ainsi castré, cette loi sera moins percutante. Il est bien normal que ces derniers, apres 10 semaines de grêve, puissent profiter d'un repos bien mérité, et retourner vers leur cours, le coeur réjouit. Belle victoire mes amis, même si ce n'est qu'une étape, et qu'il y en aura surement d'autres à franchir pour rejoindre ce monde merveilleux qu'archange appelle de ses voeux. Merci à eux, et fêtons ce recul du gouvernement. Après quatre ans d'arrogance, ce retrait est un moment de joie.
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Fred



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MessageSujet: Re: CPE / anti-CPE : les violences d'un système   Mer 12 Avr - 7:51

Bonjour à tous...

A la différence de Vincent, et sans misanthropie aucune, je suis très attristé par le dénouement du conflit sur le CPE.
Pourquoi ? Parce que l'on a légitimé :
1)L'usage de la manifestation comme outil citoyen au détriment du vote.
2)La violence en tant que moyen de pression. (cf Les pancartes de Rennes 2 "Nous sommes tous des casseurs").
3)L'idéologie marxiste en tant qu'alternative au libéralisme, plus quelques petites déformations de la notion d'Etat...

Gaiffelet disait très justement que le tort de Laurence Parisot et de ses congénères du Medef était de confondre ce qui est avec ce qui doit être. Bien sûr, cette erreur éthique, ("naturalistic fallacy", je ne sais pas comment bien traduire) fort répandue dans les milieux conservateurs, est à vomir.
Néanmoins, il convient tout de même de s'interroger sur le possible.
Car effectivement, si ce qui doit être est par trop éloigné de ce qui est, si l'objectif fixé n'est pas tenable, on court à la catastrophe.

Les anti-CPE dans leur ensemble me font souvent l'impression d'être marxistes car ils concoivent ce conflit comme une lutte entre deux classes d'intérêts antagonistes.
Je pense que la réalité est bien plus complexe, et que le décideur public, le gouvernement, doit, outre ce que l'on souhaite, prendre en compte ce qui est possible et durable.
En l'occurence, je signale que la dette de l'Etat français augmente chaque année, et que l'économie n'est pas vraiment relancée...
Selon The Economist, le journal des liberaux, environ 3/4 des jeunes français souhaitent devenir fonctionnaires. Un tel état d'esprit traduit (je pense) un profond malaise, mais est-il légitime, de la part du gouvernement, de céder à la tentation du bien , si l'on sait que celui-ci n'est pas atteignable ? Les subventions aux entreprises qui vont remplacer le CPE, d'où vont-elles venir ? Des impôts ? De l'acroissement de la dette publique ? Je m'interroge...
Le déni du possible est tout aussi stupide que la glorification de ce qui est...

Qui, aujourd'hui, veut monter une entreprise ?
Parce que si personne n'en a envie, nous allons vers un Etat-Providence...et vers un rôle immense de l'Etat dans tous les secteurs...
Personnellement, je ne veux pas vivre dans un pareil monde.
Voilà pour les raisons de mon 3).

Par ailleurs, il semble qu'il y ait une idéologie du Droit à l'oeuvre dans la population estudiantine. On n'a pas droit à un travail. Je remarque que beaucoup d'étudiants de socios ou de lettres sont impliqués dans le mouvement. L'université bourre ses cursus au maximum, et on se retrouve avec des milliers de sociologues et de lettrés sans travail.
C'est un problème. Mais je ne pense pas que la réponse soit de dire :
"ah ben j'ai un diplôme et pas de travail, voilà la précarité".
Il se trouve qu'il y a du travail disponible ou pas dans le secteur considéré, mais tenir l'état pour responsable du peu de postes permanents en lettres serait stupide :
si les étudiants veulent une assurance d'emploi, il ne faut pas faire de la littérature, mais aller dans le bâtiment. Le diplôme est en passe de devenir non pas une attestation de savoirs mais un passeport à l'emploi.
C'est d'autant plus ironique que justement le diplôme est l'instrument de la flexibilité de l'emploi :
lorsque la formation de l'employé est interne à l'entreprise, l'investissement fait qu'on n'a pas intérêt à virer l'employé. En plus, toute formation tisse du lien social. Si l'on veut sécuriser l'emploi, il ne faut surtout pas que des formations externes permettent d'y accéder,
il ne faut surtout pas que le diplôme en soit le garant. Mais pourquoi le dit-on si peu ? Ai-je tout faux ? Les compagnons sont-ils ringards ?
Ou sont-ce uniquement les détenteurs de diplômes qui se révoltent, alors même que le diplôme est la cause de leur maux ?

Pourquoi ne dit-on pas aux étudiants de lettres modernes que si l'on veut être sûr de son emploi, il faut choisir une autre filière ?
La loi sur l'égalité des chances ne s'adressait pas aux étudiants des universités, elle s'adressait à ceux qui n'ont pas fait d'études...
Les blocages en facs ont permis à une catégorie de la population de s'exprimer plus que les autres : les étudiants en université... qui bien que majoritairement à gauche, se foutent pas mal du gars de BEP qui n'a pas de job...
C'est ce que j'appellerais le paradoxe "bobo" : Il y a des gens, à quelques kilomètres de Paris, qui vivent dans la misère, la vraie misère, qui n'ont pas d'emploi et qui n'en ont jamais eu, alors qu'ils ont pris des filières qui étaient réputées pour en donner; sur ce, sans savoir vraiment si la mesure prise par le gouvernement etait bonne ou mauvaise (car qui, parmi les étudiants, a fait une analyse détaillée du CNE ? Hein ? Gaiffelet, Vincent, oui, mais les autres manifestants...) les étudiants, dont certains sont fort aisés, se révoltent contre l'odieuse précarité. J'ai envie de pleurer, de gerber devant tant d'égoïsme transformé en lutte pour le Bien. Et si la sortie de la misère de certains réclamait la précarité de tous ? Que dirait la gauche ? Elle dirait : on va faire ce qui nous donne le plus d'électeurs... on va satisfaire les "précaires" qui voteront en masse pour nous.


En outre, dans une vision long terme, le déplacement du devoir de la sphère de l'individu vers celle de l'Etat me fait peur... Loin de moi l'idée du struggle for life de Spencer, mais l'idéalisme forcené et la déresponsabilisation individuelle par l'Etat-providence sont tout aussi néfastes pour la société que le darwinisme social.
Je terminerais mon argumentaire par une citation de St-exupéry qui résume mes angoisses quant à l'instauration de cette lutte sociétale et de cet Etat de plus en plus providentiel :

Citation :
Force-les de bâtir ensemble une tour et tu les changeras en frères. Mais si tu veux qu'ils se haïssent, jette-leur du grain... Car une civilisation repose sur ce qui est exigé des hommes, non sur ce qui leur est fourni. Et certes, ce blé, ensuite, ils reviennent y puiser et s'en nourrissent. Mais là n'est point pour l'homme la face importante des choses. Ce qui les nourrit dans leur coeur ce n'est point ce qu'ils reçoivent du blé. C'est ce qu'ils lui donnent... Car il est juste que je reçoive en même temps que je donne afin d'abord de pouvoir continuer de donner. Je bénis cet échange entre le don et le retour, qui permet de poursuivre la marche et de donner plus loin encore.

Je précise que le "jette-leur du grain" n'a pas pour vocation de me faire passer pour un misanthrope/un fasciste/un passéiste... mais que sans affirmer une nature humaine immuable, il convient de constater qu'elle varie dans certaines limites...

En conclusion, l'être n'est pas le devoir-être, mais si le devoir-être est trop éloigné de l'être, on se place dans un idealisme aveugle qui peut attirer exactement le contraire de ce que l'on souhaite. Et je trouve cela particulièrement vrai dans toute cette histoire du CPE...


NB : Je sais qu'on va me reprocher de tout mélanger, CPE et idéologie anti-précaire, je réponds par avance :
ce mélange ayant lieu dans les manifs, il faut bien le considérer dans les jugements.

Fred, du haut de ses falaises (de marbre).


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hadrien



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MessageSujet: Re: CPE / anti-CPE : les violences d'un système   Mer 12 Avr - 13:15

Je vais en rajouter une couche, sur la question de Rennes 2.

vois tu Vincent, il se tenait ce soir une AG à la FAC, ou les pro-blocage, mécontent d'avoir été désavoué lundi par une procédure démocratique, c'est à dire avec bulletin secret et controle de carte, on voulu relancer le blocage de l'université.

Ca commencé à 16 h, durant 3 heures, différentes intervenants sont montés à la tribune, tous pour dire la meme chose et blablater sur "les violences d'un système" et d'un gouvernement, qu'ils qualifieent de "faciste" et qui serait "l'anti-chambre du nazisme". La seule fille qui est monté à la tribune pour dénoncer ces délires s'est faite traité de conne et on l'a fait taire au plus vite.

Finalement, vers 19 h - 19 h 30, à lieu un vote, une fois de plus on ne peut moins lisible (plusieurs miliers de personnes sur la place centrale, avec on ne sait pas combien de non-étudiants), donc impossible à départager, et dès lors, la grosse truie qui prétendait parler au nom du peuple déclare que le blocage est voté.

Lorsque le président de la FAC a voulu intervenir pour expliquer que maintenant c'était plus possible et que les dernières semaines de blocage s'étaient soldées par des dégradations de locaux et que si ca reparté il ferait fermer la FAC. Bref, avant qu'il ne finisse totalement, on lui pique (on est la grosse truie en l'occurence) le micro et les pro-blocage démontent les enceintes et fini la sono de l'AG, donc fini l'AG.


Cela m'inspire quelques remarques :

A - Les pro-blocages de Rennes 2 se foutent éffectivement pas mal de la démocratie, et on peut parler pour eux d'une masse de débiles endoctrinés juste bon à beugler, à casser du flic et à se murger le jeudi soir en centre ville en prétendant que ça crée du lien social.

B - Le faits que dans les FAC française (car à l'AG on avait eu les meme remarques sur la france = pays faciste) on entende ça venant de gens ayant le BAC et poursuivant des étudent dans le supérieur pose une question : " jusqu'a quand laissera t-on rentrer tout ces connards dans les FAC et méritent-ils vraiment leur BAC". Comparer la france actuelle à l'anti-chambre du nazisme sans se faire sifler ni gifler me laisse penser qu'il faut faire du ménage.

C - Tout ces crétins qui se prétendent l'élite éclairé ne sont rien d'autre que des fils à papa qui peuvent bien faire la grève car elle ne leur coute rien. Ils ont si peu d'imagination qu'il ne pense pas un mouvement autrement que comme un rapport de force et une suspension des droits de chacuns. Pathétique et je rejoins Fred.

Vincent, je voudrais savoir si tu peux encore soutenir que les étudiants de Rennes 2 sont des gens un tant sois peu lucide ? il est manifeste que la graine faciste n'est pas toujours là ou on ne croit. J'espère que tu te désolidarisera de ces tocards car tu es un peu plus malins qu'eux.

cordialement
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Sébastien



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MessageSujet: Re: CPE / anti-CPE : les violences d'un système   Mer 12 Avr - 15:40

Hadrien, je tiens à saluer ton intervention.
Je suis à 100 % d'accord avec ce que tu viens de dire...
Merci! sunny
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Fred



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MessageSujet: Re: CPE / anti-CPE : les violences d'un système   Mer 12 Avr - 19:59

Des faits... une petite disgression sur l'après-CPE (les casseurs et les tyrans universitaires ne méritent pas, au fond, qu'on parle d'eux) :
si vous cliquez là-dessus http://www.assemblee-nationale.fr/12/pdf/ta/ta0573.pdf, vous aurez le texte voté par les députés le 12 avril à 151 voix contre 93.
Là, normalement, quelque chose vous choque, 577 - (151+93) = 333 députés manquants, soit 1,4 fois plus d'absents que de présents !!!!!
Mais passons...

Le coût des mesures mises en place est évalué à 150 millions d'euros, ce qui pose de sérieuses questions quant à l'aggravation de la dette publique. Je vais finir par regretter le CPE...
De toute évidence, les casseurs n'ont pas le monopole de la connerie...
Si vous voulez vous marrer, jetez un oeil sur les amendements déposés par les pingouins députés à l'Assemblée.

La morale de cette histoire, c'est que les manifestants ont réussi, que le gouvernement propose des actions irréalisables (cf. le "contrat d'insertion dans la vie sociale" du pdf ci-dessus). Il paraît que le "jeune" va être suivi par un "référent" qui va lui proposer un emploi. Ledit "référent" est issu d'une "mission locale pour l'insertion professionnelle et sociale". Bref, encore du nouveau...
C'est vrai que ça va tout changer à l'emploi des "jeunes". Encore une mesure sociale qui va nous faire un beau flop.

Nous n'avons plus le CPE, oui, mais nous rajoutons 150 millions d'euros au budget de l'Etat, et nous instaurons -taratatatsouintsouin-l' affirmative action pour les jeunes défavorisés. Grande première, réjouissons-nous. C'est en effet une grande victoire pour les anti-CPE acharnés :
_Les jeunes de banlieues vont pouvoir se coltiner en plus de l'ANPE des entretiens d'une utilité que l'on imagine démentielle
_Employer des gens pour les subventions est bien entendu plus moral que de pouvoir les virer sans motif, d'ailleurs on pourrait se demander si l'emploi de "jeunes" généré par des subventions n'incite pas précisément à virer les employés "jeunes" au bout d'un an ou deux... Surtout s'ils ne correspondent pas et que l'Etat les a gentiment conseillé aux entreprises...

Mais les étudiants bobos ne sont pas précaires, victoire ! On a gagné contre l'Etat policier et libéral !
Même si il n'y a toujours pas plus de jobs pour les étudiants de psycho, staps, etc. Oups.
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hadrien



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MessageSujet: Re: CPE / anti-CPE : les violences d'un système   Jeu 13 Avr - 2:44

allez, quelques nouvelles fraiches du front rennes 2.

donc après avoir chié allègrement sur le vote des étudiants hier soir, nos courageux pro-blocages se sont murgé dans le batiment B (leur QG) jusqu'à pas d'heure et aujourd'hui, la fac est pleine d'étudiante qui veulent reprendre les cours, mais bizarement, des tas de types avec des chiens (des étudiants de la place st anne ?) continue d'occuper un batiment B dégradé. Le président veut fermer administrativement la fac jusque mardi alors qu'une bonne charge de flic leur ferait le plus grand bien ... mais bon ... c'est la vie, l'avant garde éthilique éclairée est en train de niquer l'année universitaire de 25 000 étudiants, qui bien sur, réaliseront après coup que c'est pour leur bien et pour lutter contre le néolibéralisme, forme moderne du nazisme cela va sans dire.


Cordialement.


ps : un prof se serait fait craché dessus pour avoir osé dire que les étudiants veulent dans leur majorité aller en cour ... vous osez le croire ?
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duriusculus



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MessageSujet: Re: CPE / anti-CPE : les violences d'un système   Jeu 13 Avr - 9:24

Clarifions la situation,
Je le dis pour ceux qui ne le sauraient pas :

- Les syndicats étudiants sont élus pour défendre nos droits.
On est en position de se demander si un syndicat qui prive ses électeurs du droit premier, soit : celui d'étudier; puisse encore avoir une quelconque influence, voir la légitimité pour exister.

- Les syndicats élus par nous tous se doivent d’être les grands rapporteurs de nos inquiétudes justifiées.

- Les syndicats se doivent d'agir, non pour mettre leurs propres idées politiques en avant ; mais pour faciliter nos conditions d'accès aux différents enseignements ; et ce, le plus décemment possible.

- Les syndicats étudiants, pour le dire clairement, doivent servir en tant que porte-parole: non d’un ensemble particulier d’étudiants ; mais de tous les étudiants.

J'en viens à ma proposition :

Comme la représentante de l'UNEF nous l'a répété généreusement : le vote à bulletin secret a été instauré pour préserver les ouvriers du "méchant patronat".

Or comme elle nous l'a fait entendre :
Nous ne sommes pas ouvriers, ils ne sont pas "méchant patronat".
Je soumets au vote que nos syndicats, que nous élisions jusqu'à présent par les urnes ; soient élus en AG à mains levées.

Comme de toutes manières les votes ne sont jamais litigieux, les syndicats doivent s'en réjouir ; ceci évitant bien sûr les « bourrages d'urnes » (propos tenus par eux-mêmes ici en Assemblée générale).

Aussi, comme vous venez nous appeler à voter ;
comme par manque de temps , vous ne pouvez nous expliquer vos revendications ( et pour cause : vous vous exprimez durant les cours), je soumets au vote que ses élections syndicales , pour l'an prochain naturellement, se fassent un samedi avec :

- Le matin : présentation des différentes organisations,
-L'après-midi : le vote, qu'il soit à mains levées ou non.

Je terminerai en disant qu'ainsi nous n'aurons plus la prétention de voter pour une renommée ; mais pour des vrais représentants.
Et s'il fallait, pour donner plus de poids à cette proposition, que je m'engage devant vous à co-organiser cette journée; alors je vous dirai qu'il me plairait de tenir ce rôle.


Voici mon discours, tenu hier en Assemblée Générale à Rennes 2, devant 3.500 personnes (environ).
Evidemment vous pensez bien je n'ai guère repris ma place dans l'auditoire en descendant par la tribune, derrière moi Lucie (syndiquée SUD, présidente de l'Assemblée, celle qui a tapé notre président d’Université) disait:"super, d'accord c'est cela, ok , tu vas voir, d'accord....."; et devant moi tous les représentants syndicats ouvraient leurs bras pour m'accueillir.
Pour faire voter ces propositions, je me suis tournée vers le bureau; je leur ai fait noter ces 2 propositions.
7 minutes, que j'ai passé à leur faire noter sur une feuille ces 2 propositions qui me paraissent claires ! ..non?
Et bien une seule, et la première, est passée au vote; et devinez quoi?
On a tous voté pour l'élection de nos syndicats à bulletin secret.
L'art de contredire ses propres méthodes est apparemment le mot d'ordre.
Je ne vous cacherai pas que j'ai voté pour un vote à bulletin secret.
Là, on est sans cours, et je me prépare à tenir un autre discours. Vous laissant le soin de trouver la réponse à la question : qui vais-je bien pouvoir interpeller lors de la prochaine AG ?
Ayant fait l'ensemble de l'Assemblée, les syndicats, il me reste qui ?
Bonne devinette!


Bien à vous , duriusculus
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Karmai

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MessageSujet: Re: CPE / anti-CPE : les violences d'un système   Ven 14 Avr - 7:31

Apres une apre discussion et parce que je ne veux froisser personne. Voilà quelques ajustements à ma position. On ne peut nier l'éfficacité de mobilisation qu'engendre pragmatiquement le bloquage des universités.
Toutefois, au niveau des idées (car je suis finalement qu'un utopiste bien loin de la réalité qui ne me corespond pas), peut-on accepter que la fin justifie les moyens ?
Foin de toutes ces questions de bourgeois, peut-être...

mais est-ce bien serieux toute cette agitation? Si il faut bloquer les universités pour débranchés les cerveaux des étudiants (genre matrix), n'est ce pas l'échec global du systeme scolaire qui n'arrive pas à former des citoyens aptes à réfléchir avant des machines à surconsommer du plaisir.

Mon constat serait celui du désenchantement, constat que j'aimerais tant contrarier...

Voilà un lien vers un article tres interessant qui met une des lumieres possibles sur cet évenement.

"Place aux événements voyous"

Promis, aujourd'hui je suis nihiliste, demain je suis post-moderne.

Même la révolte qui est si cher à mon référent du moment (Camus) s'éclate en vaine fumée.
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hadrien



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MessageSujet: Finki réagit   Sam 29 Avr - 16:53

Je me fais le relai d'un nouveau participant au forum, Alain Finkielkraut, qui commente le mouvement anti-cpe ... les uns aprécieront, les autres fustigeront ... et moi ? je me suis bien poilé ...

il mobilise quelques auteurs classiques, dont Nietzche (bien à toi Grand Front) alors ... voilà le lien :

http://www.tv-radio.com/ondemand/rcj_od/quivive9avril.asx

son intervention sur le CPE commence à partir de 8 minutes 46 secondes.

cordialement ...

ça vaut le coup, par ce que là, pas de langue de bois ....

ps: Fred, tu va bien rire
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MessageSujet: Re: CPE / anti-CPE : les violences d'un système   

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